Comprendre la fusariose de l’épi sur les céréales

L'Agronomie et Nous est un mail diffusé chaque semaine, principalement destiné aux agriculteurs. Il met en avant le meilleur de la recherche agronomique mondiale écrit par Loan Wacker, agronome et tête chercheuse chez AgroLeague.

Retrouve ce post sur notre blog.

La fusariose sur les céréales, c’est la promesse de développement de mycotoxines dangereuses pour l’homme et les animaux, et le déclassement de son blé. 

La fusariose ce n’est pas une mais 17 maladies fongiques différentes. On la classe en 2 genres différents, les microdochium spp qui affectent le rendement et la faculté de germination mais ne produisent pas de mycotoxines et les fusarium roseum qui peuvent produire des mycotoxines. C’est le cas de DON, nivalénols etc...

Comment ils se propagent sur la plante ? 

Encore une fois il y a plusieurs sortes de fusarioses et il ne s’agit pas ici de rentrer dans les discussions de spécialistes. 

La fusariose se reproduit à la fois de manière sexuée et asexuée ce qui multiplie sa capacité de contamination. 

De manière générale, la maladie hiverne sous forme de spores, elle se propage sous forme de spores sexuées : les asques ou asexuées : les conidies. 

Les asques se propagent essentiellement par le vent sur les feuilles et les épis. 

Les conidies, elles, se propagent par l’effet splash. C’est à dire qu’elles sont projetées par les gouttes de pluies qui touchent le sol ou les résidus de culture.

C’est là qu’avoir un sol couvert est très important. Les résidus du couvert ou de culture non hôte absorbent l’énergie des gouttes de pluie et empêchent la propagation des spores. 

La période la plus sensible est l’épiaison et la floraison. Les spores pénètrent par les anthères (extrémité de l’étamine de la fleur) pour se développer directement sur l’épi puis se multiplier par voie asexuée. 

Passé la floraison, le risque de contamination de la culture diminue fortement.

Quelles sont les conditions pour prévenir le développement de la fusariose ? 

Nous en avons parlé, couvrir le sol limite l’effet rain splash, et est un levier majeur de la prévention des maladies fongiques. En plus, on associe généralement le non travail du sol avec l’allongement et la réflexion intelligente de la rotation.

C’est une première étape pour diminuer le stock d’inoculum. Puisque la fusariose se propage en partie par le vent, l’assolement des cultures voisines est également important.

Comme toutes maladies fongiques, les fusarioses ont besoin de conditions spécifiques de redox et de pH à l’intérieur de la plante pour se développer. Une plante à la sève légèrement acide et oxydée sera exactement propice au développement de la fusariose. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur le sujet je vous incite à lire cet article

Enfin les conditions météo au moment de la floraison sont bien sûr déterminantes. Des conditions humides, un ciel couvert et le vent autour de la floraison augmentent systématiquement le risque de fusariose sur la culture.

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